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Accueil Entretien avec Charles Doursenaud Auteur du livre : Charles Doursenaud

Entretien avec Charles Doursenaud, à l'occasion de la sorte de son livre : Crimes et filouteries au pays de Tréguier

Ce recueil de trois récits historiques dessine un portrait noir de l'humanité. La lâcheté et la bêtise sont ridicules dans « Les louis de Mademoiselle », dangereuses dans « Le bousin de la veuve Lojou » ; elles deviennent odieuses dans « Unis pour le pire ». Est-ce délibéré ?

Charles Doursenaud - Oui, évidemment, j'ai choisi de monter graduellement dans la lâcheté et la bêtise qui sont humainement éternelles, hélas !
Ces histoires, qu'on pourrait croire inventées de toutes pièces, sont toutes trois bien réelles. Leur noirceur ou leur violence ont existé, telles quelles, et sont consignées dans les archives.
J'ai envie d'écrire autre chose que des textes où tout le monde est beau, gentil, sagement rangé derrière la bannière de Saint Yves, amoureux du biniou et moulé dans la sagesse populaire - à laquelle je crois peu.

Pourquoi ne mettre en scène que des affaires criminelles trégorroises ?

Charles Doursenaud - En tant que natif de Tréguier, je m'intéresse d'abord aux Archives des Côtes d'Armor. Elles mettent le Trégor à l'honneur !
Les affaires évoquées dans ce livre remontent à la première moitié du 19 ème siècle. La plus tragique date de 1803 : des faits qui ont eu lieu il y a plus de 200 ans peuvent-ils encore heurter des susceptibilités locales ? J'en doute... D'autant que les comportements humains - les pires comme les meilleurs - sont universels. Ne l'oublions pas.

Parti d'une position d'historien éplucheur d'archives, n'êtes-vous pas en train d'évoluer vers un traitement de plus en plus littéraire ?

Couverture livre Crimes et filouteries Charles Doursenaud - J'ai initialement choisi de « conter » des faits historiques. Cette position entre histoire et littérature me semble de plus en plus difficile à tenir. Conter suppose de redonner vie aux personnes réelles; mais cela les transforme en personnages, qui doivent pourtant reproduire ce qui est consigné dans les rapports de police et les comptes rendus de procès...
J'en suis donc à me demander si je ferais pas mieux de renoncer au côté « historien » de mes écrits pour donner davantage de liberté à mes personnages. L'avenir nous le dira...


[Voir la fiche du livre : Crimes et filouteries au pays de Tréguier]

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